Co-infections Lyme et Tularémie

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Personne atteinte de Tularémie

Il arrive souvent que les diagnostics classiques n’arrivent pas à faire la différence entre la Tularémie et la Borréliose de Lyme. 

La raison en est simple, les symptômes de ces deux pathologies affichent de nombreuses similitudes. Une raison qui pousse à éclaircir certains points afin d’éviter toute confusion et pour profiter des traitements adéquats.

L’une comme l’autre, la Tularémie et la maladie de Lyme sont des infections bactériennes. Elles sont aussi transmises à l’homme par les piqûres de tiques. De plus, elles se confondent par des manifestations générales telles que des maux de tête ou céphalées, de la fièvre, des inflammations ganglionnaires, des maux articulaires ou arthralgies et des douleurs musculaires ou myalgies. 

Des formes de méningites peuvent évoluer et causer des troubles neurologiques, des vertiges, des troubles cognitifs ou moteurs. Et puisqu’elles sont transmises par voie cutanée, elles sont aussi caractérisées par des éruptions dermiques en relief accompagnées de rougeurs. Les manifestations digestives provoquent des douleurs abdominales accompagnées de vomissements, de nausées et de diarrhées. Des infections oculo-ganglionnaires et pharyngées peuvent aussi être constatées. Des symptômes respiratoires, ainsi que cardiaques, dont péricardite, endocardite et myocardites, sont aussi communs à ces pathologies.

La Tularémie est causée par une bactérie dénommée Francisella tularensis. C’est un organisme capable de survivre plusieurs semaines dans le sol, l’eau et les cadavres d’animaux infectés, ce qui facilite sa contamination. Ce germe pathologique se transmet à l’homme de plusieurs façons, dont les piqûres d’insectes, comme les tiques et les moustiques, et un contact avec des animaux malades ou morts, qui constituent des transmissions vectorielles directes. Les bactéries peuvent aussi être aéroportées dans une zone contaminée. Par le biais d’aliments et d’eau infectée, la contamination est qualifiée d’oropharyngée ou digestive.

Généralement, la manière dont on se fait contaminer détermine le type et la sévérité des symptômes de la Tularémie. Elle peut se présenter sous forme ulcéro-ganglionnaire pour 87 % des cas, typhoïde(8 %), occulo-ganglionnaire (3%) et ganglionnaire (2%) (http://infectiologie.org.tn/pdf/cmi/sfax050210/dr_mbazaa.pdf). Ce qui revient à dire qu’elle peut se manifester par une infection locale oculaire ou cutanée avec inflammations ganglionnaires.

L’évolution de la maladie est accompagnée par de fortes fièvres, des troubles neurologiques et cardiaques. La Tularémie peut aussi se manifester sous-forme digestive ou pharyngée, en simulant une angine streptococcique, une mononucléose infectieuse ou une diphtérie, et évoluer avec des infections digestives douloureuse accompagnées de nausées et de vomissements. Ces symptômes digestifs peuvent évoluer vers une colite aigue. Une pneumonie atypique peut aussi révéler sa présence sous-forme respiratoire et est capable d’engendrer des syndromes aigües. La manifestation du syndrome de Guillain Barré, l’ostéomyélite, la néphrite, l’hépatite, la méningo-encéphalite, l’endocardite ainsi que d’autres symptômes sont ainsi récurrents à la Tularémie.

Comme pour chaque maladie, il est important d’effectuer des diagnostics avant d’entamer un quelconque traitement. Pour le cas de la Tuléramie, il est facile de retrouver la Francisella tularensis à partir d’une biopsie adénopathique ou cutanée, ou par un simple prélèvement sanguin. Une fois détectée, en venir à bout est un jeu d’enfant. L’antibiothérapie est la plus appropriée, que ce soit par voie orale ou intraveineuse par perfusion. Ce traitement peut aller de 14 à 21 jours selon l’antibiotique préconisé par le médecin. En cas d’abcès cutanés ou ganglionnaires, l’intervention chirurgicale est de rigueur en vue d’une ablation.

Quant à la prévention des personnes qui ont été exposées directement à la Francisella tularensis, elles doivent impérativement subir un traitement prophylactique par antibiotique pendant 14 jours d’affilée. Le cerveau, le tube digestif et le poumon sont les organes les plus vulnérables à cette maladie, et l’absence d’un traitement adéquat peut causer la mort. La Tularémie est mortelle pour les 30 à 50 % des cas de ses formes typhoïdiques, septicémiques ou pulmonaires, selon l’agence Française de sécurité sanitaire des produits de santé (http://ansm.sante.fr/var/ansm_site/storage/original/application/850a1264e0f3ca66ab69ae26545d0383.pdf). Une fois guérie, l’infection confère généralement l’immunité, mais une réinfection n’est pas à exclure.