Co-infections Rickettsioses et maladie de Lyme

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Les Rickettsioses, maladie à tiques co-infectieuses

L’une comme l’autre, la Borréliose de Lyme et les Rickettsioses sont des maladies bactériennes, transmises par la piqûre des tiques. Engendrant de nombreuses séquelles lourdement handicapantes, voire mortelles, pour leurs hôtes, ces pathologies se manifestent également par de multiples symptômes qui compliquent leur dépistage.

La maladie de Lyme et les Rickettsioses sont des infections bactériennes qui se manifestent après une certaine période d’incubation asymptotique. Les sujets commencent alors par présenter de fortes fièvres ou un état grippal, mais la détection des infections n’est possible qu’à un certain stade de leur évolution, allant de 6 à 32 jours. 

Des céphalées ou forts maux de tête, sont accompagnées de vomissements et nausées. Ces maladies se manifestent aussi au niveau des articulations par des arthralgies, pouvant être accompagnées par la formation d’un œdème, de myalgies ou douleurs musculaires et de tendinites qui altèrent les capacités de mouvement. Au niveau de la peau, des éruptions cutanées s’observent lors de l’infection par la Borrélia Burgdoferi ou les Rickettsioses. Des adénopathies ou inflammations des ganglions lymphatiques s’ensuivent à cause de la dissémination des bactéries dans le sang et dans les tissus. De nombreux organes, comme le cerveau, les yeux, le cœur, le tube digestif, les reins et la rate sont alors attaqués et les infections se généralisent. 

Les signes cliniques de ces maladies se caractérisent au niveau du système cardiaque par des formes d’arythmie, des palpitations, des myocardites et une ischémie. Les cellules nerveuses subissent aussi des lésions sous forme d’encéphalites qui engendrent des troubles neurologiques et cognitifs graves. Malaises, conjonctivites, asthénie, vertiges, troubles de la conscience, confusion, léthargie voire coma, et hépatite sont parmi les conséquences de ces infections. 

Les Rickettsioses sont des maladies provoquées par des bactéries du genre Rickettsia, qui sont des cocobacilles à Gram négatif intercellulaires obligatoires. Ces agents pathogènes sont inoculés par des arthropodes, comme les tiques, les puces et les poux, dans l’organisme humain. Parmi les grands groupes de Rickettsioses, on distingue les typhus et les fièvres boutonneuses. Entre autres, ces affections comprennent la lymphangite à tique, la fièvre typho-exanthématique à pou, le typhus murin transmis par la puce du rat, la fièvre vésiculeuse, la fièvre pourprée des Montagnes Rocheuses et la fièvre des tranchées véhiculée par le pou.  La fièvre boutonneuse méditerranéenne  transmise par la tique du chien touche 4,8/10 000 habitants dans le sud-est de la France (http://www.revmed.ch/rms/2012/RMS-340/Rickettsioses-d-importation ). Le typhus des broussailles transmis par la tique représente une mortalité de 1 à 35 % des patients. La fièvre Q peut se transmettre par les tiques, les poux, le lait contaminé et la poussière.

L’incubation des Rickettsioses dure en moyenne 6 à 10 jours. Cinq jours après la piqûre, une éruption cutanée avec une escarre ou point noir apparaît sous une forme maculo-palpeuse, avant de se reproduire sur tout le corps, les membres, la paume et les plantes de pieds. Une contamination conjonctivale peut aussi entraîner des atteintes oculaires. Les bactéries se disséminent ensuite dans les vaisseaux lymphatiques, les ganglions et la circulation sanguine, entraînant une forte fièvre chronique, myalgies, céphalées, vomissements et nausées. Les globules rouges, les tissus et les plaquettes sont infectés, ainsi que différents organes, dont le cerveau et les poumons. Des lésions vasculaires, une septicémie, une arythmie, une hypotension et des formes d’anémie, comme une hypovolémie et une ischémie peuvent survenir. Dans les cas cliniques aggravés, une pneumopathie avec l’apparition d’un œdème alvéolaire sont constatées avec des difficultés respiratoires.

Les atteintes neurologiques apparaissent suite à une hypoxémie ou insuffisance d’oxygénation du sang, une ischémie et une inflammation cérébrale. Les patients sont alors sujets à de l’asthénie, des troubles de la conscience, une confusion et une baisse des facultés mentales, ainsi que motrices. Dans le cas de la fièvre pourprée des montagnes rocheuses, 26 à 28% des malades présentent une encéphalite, engendrant confusion et léthargie (http://www.infectiologie.org.tn/pdf/revues/2-2011/rickettsioses.pdf). L’infection du liquide céphalo-rachidien peut causer une pléiocytose et entraîner le coma. Souvent, des formes d’hépatite, d’hyperalbuminémie et d’autres maladies du sang accompagnent les Rickettsioses, à cause d’atteintes rénales et de troubles de microconduction.    

Une étude épidémiologique et sérologique est nécessaire pour différencier les différents types de Rickettsioses. L’antibiothérapie est de rigueur face aux Rickettsiales, et les tétracyclines, fluoroquinolones, macrolides, azalides et rifampicine sont les plus efficaces. Pour un traitement curatif, la doxycycline, avec 2 comprimés de 100 mg par jour pendant 1 à 3 semaines est souvent préconisé. Le médecin peut également prescrire de l’azithromycine ou de  la josamycine pour les enfants et les femmes enceintes. La ciprofloxacine est utilisée en cas d’allergies.

À titre préventif, la chimioprophylaxie à base de doxycycline est d’une aide précieuse.  Un comprimé de 100 mg par jour pendant une semaine suffit pour prévenir les  Rickettsioses. Par contre, les traitements à base de sulfamides sont contre-indiqués, car elles favorisent la multiplication des Rickettsiales.

Et puisque ces maladies sont généralement causées par la piqûre de poux, de puces et de tiques, la meilleure prévention est d’utiliser des répulsifs  à haute concentration, des insecticides, de porter des vêtements longs et imprégnés de Perméthrine. Ce dernier permet de diminuer de 93 % les piqûres d’insectes.