Docteur Burgdorfer

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La maladie de Lyme n’a été découverte que dans les années 1970. Certes, elle ne s’est pas dévoilée toute seule, mais grâce à des recherches. Une personne en obtient le mérite : le Docteur Willy Burgdorfer.

Willy Burgdorfer, de son véritable nom Wilhelm Burgdorfer est né le 27 juin 1925 en Suisse. Ayant grandi à Bâle, il a obtenu son doctorat à l’Université de cette contrée où il  s’est spécialisé en parasitologie, zoologie et bactériologie. Grâce à une bourse d’études, il a été mené à travailler au laboratoire Hamilton, aux États-Unis. Il a consacré une vingtaine  d’années de sa vie à étudier toutes sortes de maladies qui peuvent être transmises par des arthropodes hématophages, tels que les tiques, les moustiques, les mouches piqueuses et les puces.​

Attiré  par une curieuse épidémie d’arthrite juvénile qui sévissait dans la région du Connecticut (Old Lyme, East Haddam), cet entomologiste médical s’est penché sur l’étude de ce qui pouvait en être la cause. C’est alors que son microscope a fait face à une bactérie de la catégorie des spirochètes qui avait un aspect étrange, s’apparentant à celui d’un tire-bouchon. Selon ce détenteur de nombreux prix (Robert Koch médaille d’or, prix Bristol IDSA, Schaudinn-Hoffman plaque et médaille Walter Reed), cette découverte était fortuite, mais quoi qu’il en soit, cela a permis de découvrir la source de la maladie de Lyme. D’ailleurs,  la bactérie à l’origine de cette affection a été baptisée Borrélia Burgdorferi, en son honneur. 

Le Docteur Willy Burgdorfer est l’un des chercheurs qui soutient l’existence de la forme chronique et persistante de la maladie de Lyme. Il valide également l’implication de la Borrélia Burgdorferi dans certaines infections neurodégénératives, telles que la maladie de Parkinson et d’Alzheimer. Pour lui, la Borrélia Burgdorferi ressemble au spirochète de la syphilis (Treponema pallidium). Ces bactéries ont une affinité pour les tissus nerveux. Contrairement au Treponema pallidium, cette bactérie à l’origine de la Borréliose est particulièrement virulente et son effet est plus désastreux chez les enfants, chez lesquels elle provoque de lourds handicaps moteurs et cognitifs.

En ce qui concerne la difficulté à prouver l’existence de la Borrélia Burgdorferi dans l’organisme,  ce chercheur est bien placé pour savoir que ce germe pathogène est capable de se cacher dans les tissus, sans se manifester durant des dizaines d’années et de réapparaître après. Il est aussi capable de changer de physiologie et de modifier sa structure antigénique. Voilà pourquoi il est si difficile de le détecter avec de simples tests sérologiques. Le dépistage nécessite un travail chirurgical coûteux en vue d’un prélèvement de tissu (cerveau, moelle épinière…). De plus, la technologie actuellement utilisée pour les diagnostics n’est pas encore au point, sans parler des nombreux médecins qui méconnaissent encore  cette affection.

Selon le Dr Burgdorfer, les controverses concernant la Borréliose de Lyme sont une honte pour la communauté médicale. La meilleure chose à faire serait de trouver ensemble des solutions pour en venir à bout.  En tant que chercheur, il  suggère à ses confrères d’approfondir leurs études concernant la Borrélia Burgdorferi. Comment fait-elle pour se développer ? Comment fait-elle pour pénétrer dans  des cellules, dans les lymphocytes, dans les tissus, dans les moelles osseuses et dans les tissus nerveux ? D’après lui,  une connaissance approfondie de cet agent infectieux serait d’une grande utilité pour le combattre. Ce qu’il regrette le plus après sa découverte de la maladie de Lyme, est  que jusqu’à présent, cette affection soit encore négligée et que les diagnostics et les traitements destinés à y faire face soient aussi peu efficaces.