La maladie de Lyme: un diagnostic difficile

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La borréliose de Lyme est une maladie encore mal connue, qui peut s’avérer très invalidante pour le patient. Bien que l’on considère comme préoccupant le nombre de cas de maladies de Lyme, allant en augmentant chaque année, la borréliose reste très difficile à diagnostiquer et beaucoup de personnes souffrent de cette maladie sans le savoir.  

Non diagnostiquée à temps, cette maladie devient chronique et très handicapante. A l’heure actuelle, il existe plusieurs façons de diagnostiquer la maladie parmi lesquelles : l’observation des symptômes cliniques, les examens sérologiques, la biopsie cutanée, la ponction lombaire. 

Toutefois les erreurs de diagnostic ne sont pas rares et le malade doit souvent entamer un véritable « parcours du combattant » avant de pouvoir poser un nom sur sa maladie et entamer le traitement adéquat. 

Sommaire :

1. Repérer les symptômes cliniques 2. Les examens sérologiques  3. La biopsie cutanée 4. La ponction lombaire 5. Les erreurs de diagnostic 6. Conclusion

Une liste de 46 symptômes a été établie par le Dr Joseph J. Burrascano, médecin spécialisé de cette maladie. D’après cette liste, il est possible de s’orienter vers un dépistage de la maladie de Lyme si le patient recense au moins 15 symptômes listés. Il faudrait alors que chaque médecin consulté oriente ses recherches vers cette maladie, ce qui n’est pas toujours le cas actuellement. 

Si le patient se souvient avoir été piqué par une tique, on dispose déjà d’une piste. Toutefois, certains patients se font piquer sans s’en apercevoir et ne feront pas le rapprochement. D’autres symptômes comme les douleurs articulaires, la fièvre, la toux, l’état grippal, les douleurs musculaires, les palpitations cardiaques, la fatigue chronique et bien d’autres peuvent souvent être associés à une autre maladie. 

Une suspicion de borréliose de Lyme ou d’une co-infection due à la piqûre d’une tique, au regard d’un nombre important de symptômes en rapport avec la liste de Burrascano, devrait inciter le médecin à pratiquer des tests sérologiques. 

Ces examens ne peuvent être pratiqués avant les 4 à 6 semaines suivant la piqûre de tique. Mais comme le malade ne se rappelle pas forcément avoir été piqué par une tique, il est encore plus difficile de pratiquer cet examen et d’évaluer le bon « timing » pour effectuer un test.Un test qui est négatif au résultat signifierait que le malade est sain et que l’on ne trouve pas trace de Borrelia Burgdorferi, tandis que s’il réagit positivement, cela confirme l’existence de la bactérie. Toutefois, si les 4 à 6 semaines ne sont pas passées, le test peut être négatif tandis que le malade est réellement atteint de la borréliose de Lyme. On utilise principalement les 2 tests que sont Elisa et Western-Blot. Cependant, il faut faire remarquer que les tests sérologiques ne vérifient pas la présence de la  bactérie Borrelia mais les anticorps. L’objectif du test Elisa est de mettre en évidence l’existence d’anticorps ou d’antigènes spécifiques pour une pathologie. Ce test se pratique par prélèvement sanguin. Cette méthode de laboratoire immuno-enzymatique a ses limites. Les spécialistes de la maladie de Lyme reconnaissent que plus de la moitié des tests restent négatifs même s’il s’avère ensuite que le patient se trouve bien infesté par la bactérie. 

Le test Western-Blot, bien que plus pertinent que le test Elisa, n’est toutefois pas fiable à 100 %.  La procédure est en général, de pratiquer ce test, si l’on constate que le test Elisa est positif. Il s’agit alors de faire une recherche par immuno-empreinte.

Mais comme le souligne le Docteur Horowitz, l’un des spécialistes mondiaux de la maladie de Lyme : 

« Le protocole d’analyses en deux étapes, avec un test ELISA suivi d’un Western Blot, passera à côté de la majorité des cas de maladie de Lyme étant donné la faible sensibilité de ces tests. »

Elle se pratique chez un dermatologue et concerne plus particulièrement l’érythème, qui est une lésion cutanée apparaissant soit en phase 1 ou en phase 2. Dans ce dernier cas, il devient érythème migrant.

Comme le souligne le Pr Benoît Jaulhac, bactériologiste, responsable du Centre national de référence de la maladie de Lyme (CHRU Strasbourg) : « Si la lésion cutanée est atypique, le médecin adresse le patient au dermatologue, qui en cas de doute, pratique une biopsie cutanée pour y rechercher la bactérie par technique moléculaire (PCR) ou par culture. »

La présence de nombreux symptômes avec, un résultat négatif au test sérologique, ne signifie pas que la maladie de Lyme est inexistante. Comme nous l’avons vu, les tests sérologiques ne sont pas fiables à 100 %. 

Ce type de résultats occasionne parfois un autre type d’examen pour vérifier le diagnostic. Il s’agit de la ponction lombaire. Cependant, une fois de plus, le patient peut avoir un résultat négatif lors de la ponction lombaire mais cela ne signifie pas de façon certaine que le patient ne soit pas infesté par la borréliose de Lyme.

La maladie de Lyme étant difficilement identifiable à l’heure actuelle, des erreurs de diagnostic peuvent survenir, notamment : 
– Certains symptômes peuvent être confondus avec d’autres maladies (arthrite, maladie de 
Parkinson, etc.) ;
– Au niveau des symptômes cliniques, il s’avère difficile de diagnostiquer les enfants car ils ont 
parfois du mal à exprimer leur douleur et à la localiser ;
– Les tests sont encore insuffisants et leur fiabilité n’est jamais sûre à 100 % ;
– Le temps est une donnée très importante dans le processus. Faire des tests trop tôt peut ne pas permettre de déceler la maladie. En revanche, une personne traitée par un certains 
nombres de médicaments pour diverses pathologies, aura du mal à avoir un test fiable du fait 
de la présence médicamenteuse dans son organisme. 
– Les tests ne permettent pas de déceler d’autres co-infections de Lyme si la recherche s’oriente sur la maladie de Lyme.

Le Dr Horowitz a élaboré une liste de 9 critères qui permettent de mener au mieux un diagnostic pas toujours facile. En outre, c’est aussi au Dr Richard Horowitz que l’on doit le questionnaire – totalement anonyme – qui peut orienter le diagnostic médical vers la maladie de Lyme (ML) ou le syndrome infectieux multisystémique (SIMS)-(voir source). 

Aujourd’hui, nous avons la chance d’avoir accès à beaucoup d’informations, dans la presse et sur internet. C’est souvent la curiosité et l’envie d’en savoir plus qui peut amener le patient à s’interroger par rapport à son état et à ses symptômes. Il est aussi conseillé, si vous voyez que votre médecin traitant vous envoie d’un spécialiste à un autre, de consulter un docteur spécialisé dans les maladies bactériennes.  

A l’heure actuelle, les tests existants ne sont pas suffisants. Le calibrage arbitraire des 5 % du test Elisa, la fiabilité relative du test Western-Blot, qui bien que plus pertinent qu’Elisa, n’apporte pas une réponse juste à 100 %, les erreurs de diagnostics conduisent souvent le patient à perdre des années précieuses. Pendant qu’il cherche, la bactérie envahit davantage son organisme. 

Mais, restons optimistes. Grâce à des spécialistes mondialement reconnus comme le Dr Burrascano ou le Dr Horowitz, les diagnostics peuvent s’améliorer encore et il y a urgence lorsque l’on sait que la maladie de Lyme et ses co-infections est en train de devenir un fléau mondial.