La ponction lombaire pour identifier Lyme

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La Borréliose est une affection multisystémique capable d’imiter plusieurs maladies. De plus, son agent pathogène peut se cacher dans les cellules du corps ou prendre diverses formes asymptomatiques. La difficulté de dépistage de cette pathologie est aggravée par la faiblesse des tests préconisés par le protocole de diagnostic actuellement conventionné. L’analyse du liquide céphalo-rachidien ou LCR, obtenu par ponction lombaire, est l’une des méthodes de laboratoire qui permettent de confirmer une infection par la maladie de Lyme.

La ponction lombaire: coûteuse et douloureuse

Il s’agit d’une intervention chirurgicale qui consiste à prélever un échantillon du liquide céphalo-rachidien, à l’aide d’une aiguille creuse insérée dans la partie inférieure de la colonne vertébrale (entre la 4ème et la 5ème vertèbre lombaire). Le liquide céphalo-rachidien (LCR) ou liquide cérébro-spinal est une substance biologique transparente composée d’eau à 99 % (http://www.vulgaris-medical.com/encyclopedie-medicale/liquide-cephalo-rachidien). Elle baigne le cerveau et la moelle spinale, en se situant dans les méninges, dans l’espace sub-arachnoïdien, délimité par la pie-mère et l’arachnoïde. Son rôle est d’absorber les chocs qui risquent de détériorer le cerveau et d’éliminer les déchets provenant du système nerveux. Son analyse permet ainsi de définir l’état de santé du cerveau.​

Généralement, cette petite chirurgie est effectuée dans une chambre d’hôpital où le liquide céphalo-rachidien est conditionné dans un collecteur pour être analysé dans un laboratoire. L’analyse conduit à un diagnostic rapide d’une méningite, d’un trouble neurologique, d’une hémorragie méningée… Il arrive aussi que l’on fasse appel à  cette méthode pour soulager une hydrocéphalie communicante due à un excès du liquide céphalo-rachidien. Elle permet également d’effectuer une péridurale ou d’injecter des remèdes anticancéreux ou des antibiotiques, à titre de médication. Une fuite du liquide céphalo-rachidien au point de piqûre est fréquente chez les jeunes, mais peut être colmatée en y injectant du sang qui va se coaguler.  Des douleurs peuvent aussi survenir dans le cas où le patient est sujet à une arthrose vertébrale.

La maladie de Lyme peut affecter toutes les parties du corps, y compris le système nerveux. En attaquant cette partie, elle est capable de provoquer des perturbations motrices, cognitives et sensitives, qui peuvent engendrer de lourds handicaps. La neuroborréliose se manifeste par de la fatigue chronique, des spasmes douloureux, des engourdissements, des pertes de l’équilibre, des difficultés d’élocution et à contrôler les mouvements, des troubles urinaires, des maux de tête persistants, des troubles de la mémoire, de l’humeur, de la concentration…  En observant ces symptômes, l’affection fait  souvent penser à une sclérose en plaques ou à une méningite ou encore à un cas de fibromyalgie ou d’autres infections neurologiques. D’où l’importance de la ponction lombaire pour les différencier.

Bien que la ponction lombaire soit une méthode qui permette spécialement de mettre en évidence une maladie neurologique, telle que la méningite et la sclérose en plaques, elle est aussi en mesure de dépister la Borréliose de Lyme. Les techniques actuelles permettent, entre autres, de réaliser un diagnostic indirect sur le liquide céphalo-rachidien, en recherchant les anticorps, IgM et IgG, produits par l’organisme pour lutter contre l’infection. Un diagnostic direct est également réalisable par PCR ou Polymerase Chain Reaction, afin d’identifier l’ADN  de la bactérie grâce à des sondes et des amorces. Cette dernière méthode, bien que plus sensible, est néanmoins coûteuse et nécessite une longue observation de deux mois (http://www.sante.gouv.fr/IMG/pdf/hcspr20140328_borrelioselyme.pdf).