Le reflux gastro-oesophagien ressemble à la maladie de Lyme

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Le reflux gastro-œsophagien ou RGO peut paraître anodin, mais peut pourtant engendrer de graves complications ou être l’un des nombreux symptômes de la maladie de Lyme. Pour mieux traiter l’une et l’autre, il convient d’abord d’assurer un bon diagnostic. 

Souvent associé à d’autres maux ou infections, ces deux maladies nourrissent souvent la confusion des médecins et des patients.

Multisystémique, la maladie de Lyme se manifeste de plusieurs façons et attaque plusieurs organes, dont ceux du système digestif. Le reflux gastro-œsophagien est l’un de ses symptômes, mais peut aussi être une pathologie indépendante, d’où une source de confusion pour l’établissement d’un diagnostic. L’une des similarités entre ces deux pathologies est la sensation de brûlure profonde, ou Pyrosis, présente au niveau de l’estomac, de l’œsophage et du thorax en général. 

Elle est causée par la remontée du contenu de l’estomac dans le tube digestif, avec des régurgitations involontaires. Cela peut être accompagné par des troubles digestives, des inflammations du type œsophagite, des douleurs abdominales et des hémorragies digestives. Les troubles du sommeil sont également communs à ces maladies.

Maladie courante, le reflux gastro-œsophagien est du au disfonctionnement des muscles ayant pour rôle de réguler la jonction entre l’œsophage et l’estomac. On distingue par contre le RGO intermittent, qui engendre rarement des complications, du RGO persistant qui peut engendrer des manifestations pulmonaires et oto-rhino-laryngologiques (ORL). Il est estimé que 10 à 20% de la population occidentale souffrent de ce type de brûlures (https://fr.wikipedia.org/wiki/Reflux_gastro-%C5%93sophagien).

Le RGO est constaté avec la perte de tonus du sphincter intérieur à l’œsophage ou lorsqu’une anomalie du cardia ou du muscle diaphragmatique survient durant une hernie hiatale. Ce défaut d’étanchéité de l’estomac engendre une fréquente remontée du contenu gastrique dans l’œsophage. La brûlure, intense et profonde, est similaire à celle d’une crise cardiaque et part de la région épigastrique en passant derrière le sternum. Au fil du temps, l’acidité de ces reflux attaque la muqueuse œsophagienne et provoque son inflammation, d’où des toux chroniques, une œsophagite ou une laryngite. Certains cas cliniques peuvent aussi engendrer de l’asthme, ainsi que d’autres affections pulmonaires.

Les irritations subies par le tube digestif provoquent des troubles du sommeil, des ulcères de l’œsophage et un œsophage de Barrett ou le remplacement des cellules par d’autres qui sont normalement situées dans l’intestin. A long terme, des maux d’estomac apparaissent et les malades deviennent sujets à des vomissements, une dénutrition et une perte de poids. Les crachats et les vomis, ainsi que les selles peuvent aussi être accompagnés de sang, à cause d’une hémorragie digestive. Une dégradation de la santé générale du sujet peut être rapide en l’absence de traitement. Anémie, goût amer dans la bouche, mauvaise haleine, voix enrouée, toux chronique ou hoquets persistants, nausées, douleurs thoraciques, problème dentaire général et déglutitions douloureuses surviennent durant le reflux gastro-œsophagien.

Chez les bébés, les régurgitations sont fréquentes, mais seuls 25% des cas présentent un reflux gastro-œsophagien (http://www.passeportsante.net/fr/Maux/Problemes/Fiche.aspx?doc=reflux_gastro_oesophagien_pm).    

Le reflux gastro-œsophagien touche plus fréquemment les personnes atteintes d’hernie hiatale ou de sclérodermie, les femmes enceintes (à cause la pression du fœtus sur l’estomac durant les derniers mois de grossesse), les personnes souffrantes d’obésité, ainsi que les quinquagénaires et plus.

Différents moyens de diagnostic permettent de déterminer le RGO, dont la fibroscopie, la pH-métrie et la manométrie œsophagienne.

Pour traiter le RGO, des antiacides (Maalox, Rolaids, Tums) permettent de modifier le pH des reflux gastriques, afin de réduire les symptômes. Des antagonistes H2 (Axid, Pepcid, Zanta, Tagamet) permettent de réduire la quantité d’acide gastrique produite par l’estomac. Dans les cas les plus graves, des inhibiteurs de la pompe à protons ou IPP, tels que Losec, Nexium, Pantoloc et Prévacid, sont prescrits par les médecins. Durant ces traitements anti-reflux, des suppléments en vitamines permettent de palier aux éventuelles carences.

En dernier recours, le traitement du reflux gastro-œsophagien nécessite une intervention chirurgicale ou fundoplicature. Celle-ci consiste à replier l’estomac afin d’améliorer la fonction de valve du sphincter de l’œsophage.