Le vaccin Lymerix: un échec cuisant contre Lyme

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La maladie de Lyme, ou borréliose de Lyme est provoquée par une piqûre de tique infectée par la bactérie Borrelia burgdorferi (Bb). Si les tiques véhiculent la maladie de Lyme, ils sont aussi cause de co-infections. On remarque une confusion totale sur la maladie, tant du côté des médecins que des patients, du fait de tests peu fiables et de manque d’information. S’ajoute à cela la polémique qui a grossi autour de la sortie aux Etats-Unis d’un vaccin contre la maladie de Lyme. Celui-ci, bien que validé par la FDA (Food and Drug Administration) fit l’objet de plaintes de la part des patients et de procès, ceux-ci ayant constaté des troubles de santé graves faisant suite à l’inoculation de ce vaccin.  

Le vaccin, retiré de la vente, fut un total échec. A ce jour, aucun vaccin de remplacement n’a encore été trouvé.

Un vaccin contre la maladie de Lyme très controversé

Devant le nombre de cas accrus de la maladie de Lyme, le fabricant Glaxo Smith Kline (GSK) introduit en 1999 un vaccin sur le marché afin d’éviter aux personnes fréquentant des zones à risques de contracter une borréliose de Lyme.  Après un certain nombre de tests en laboratoire sur le vaccin LYMerix, la société GSK déclarait dans un rapport en 2002 que le taux de prévention de Lyme pourrait atteindre 75 à 100% en utilisant le vaccin. Cependant, il n’était pas fait mention, dans le rapport des multiples cas de plaintes de patients et des procès qui s’ensuivirent, car le vaccin était loin de répondre à toutes les exigences de sécurité. 

Fort heureusement, il fut retiré du marché américain en 2002 et sa commercialisation n’eut pas le temps de s’étendre en Europe. 

Bien qu’ayant été approuvé par la FDA (Food and Drug Administration), le vaccin LYMerix fut rapidement controversé. Prévu pour être utilisé chez des sujets âgés de 15 à 70 ans, son mode d’administration se faisait en 3 temps : primo-vaccination, puis deuxième injection un mois plus tard et troisième injection au bout de 12 mois, à raison d’un dosage de 30 mcg/0.5 mL. On estimait un taux de protection à 80 % de la maladie de Lyme.

Certaines personnes  furent exclues du test de la vaccination, lors des essais cliniques, comme celles atteintes de troubles des articulations (y compris l’arthrite rhumatoïde), celles souffrant de douleurs musculo-squelettiques diffuses, les personnes ayant un pacemaker…Ces conditions pouvant interférer dans le résultat des tests cliniques. Les données obtenues restèrent donc limitées quant à l’utilisation sans risque du vaccin sur les sujets présentant ces pathologies.

Mais ce qui mit le feu aux poudres, ce sont tous les effets secondaires subis par les patients. Ils ont constaté, qu’après la vaccination les symptômes de la maladie de Lyme se sont développés. Il y eu de nombreux procès et un recours collectif fut intenté contre le fabricant GSK, les patients estimant avoir été mal informés quant aux conséquences possibles.  Certains affirmèrent avoir contracté une arthrite auto-immune à la suite des vaccinations. 

Les recherches se poursuivent mais le vaccin tant controversé du fabricant GSK reste dans les mémoires. En attendant, le laboratoire Baxter a mis sur le marché un vaccin immunisant contre la méningo-encéphlite à tiques, qui est une des nombreuses co-infections provoquée par la morsure de tique. Mais là encore, il est important d’être vigilant. Ainsi, un avis de la Commission de la Transparence publié en juillet 2001 mentionnait : «Chez l’enfant, l’adolescent ou l’adulte, un malaise ou de la fièvre peuvent survenir fréquemment (en général dans les 12 heures), notamment après la première vaccination. Ces manifestations diminuent habituellement dans les 24 à 48 heures. La fièvre peut dépasser 40°C. En l’absence de mesures antipyrétiques, de rares cas de convulsions fébriles ont été rapportés. Par conséquent, l’augmentation de température doit faire l’objet d’un contrôle strict et il est recommandé au sujet vacciné, ainsi qu’à ses parents, de prendre la température à intervalles réguliers pendant au moins 24 heures, particulièrement après la première injection… »

La maladie de Lyme est devenue préoccupante, par l’augmentation exponentielle des cas observés. Toutefois, nombreux sont les sujets atteints qui ne sont pas suffisamment informés. En outre, le flou persiste quant au diagnostic, aux traitements et surtout la vaccination n’en est encore qu’à ses balbutiements. En attendant, une campagne d’information devrait être mise en place pour encourager les personnes à risque à la prévention.