Maladie de Crohn, similaire à la borréliose de Lyme

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Etant des affections multi-systémiques, la maladie de Lyme et la maladie de Crohn ont des symptômes en commun qui peuvent compliquer leur différenciation. Les diagnostics erronés sont fréquents, mais peuvent néanmoins être éclaircis grâce à des connaissances plus précises sur les manifestations de ces pathologies.

Personne atteinte de la maladie de Crohn

Bien que touchant principalement le tube digestif, la maladie de Crohn touche également d‘autres parties du corps, d’où sa ressemblance avec la Borrélia. Les patients sont en effet sujets à des affections cutanées et à des atteintes oculaires, comme une uvéite, et sont hypersensibles à la lumière. D’autres signes de paresthésie, notamment au niveau du toucher, sont également répertoriés. Les deux maladies se manifestent aussi au niveau des articulations, via diverses formes d’arthralgie, qui peut aussi toucher la colonne vertébrale. Séquencées par des périodes de rémission à durée variable, ces manifestations évoluent par poussées et s’étendent longuement dans le temps. Durant toute l’évolution de leurs maladies, les personnes infectées peuvent subir des pics de fièvre.

Ne facilitant pas le diagnostic symptomatique, ces affections s’accompagnent d’une dégradation générale de la santé qui se manifeste par une fatigue chronique, une perte de poids, des nausées, des vomissements, des troubles digestives, des vertiges, des hémorragies et des troubles cardiaques. A un stade avancé, ces pathologies deviennent chroniques et touchent de nombreux organes du système digestif, dont la rate, les reins et le pancréas. Le cœur, les muscles et le système sanguin sont également affectés au fil du temps.

La maladie de Crohn a été identifiée pour la première fois par le Dr Burrill Bernard Crohn en 1932. C’est une maladie multifactorielle chronique favorisée par des facteurs génétiques, dont le gêne NOD2/CARD15, et des origines infectieuses non-encore identifiées qui dérèglent le système immunitaire, ne reconnaissant plus certaines cellules de l’organisme. 

D’autres facteurs environnementaux, comme le tabagisme, l’appendicectomie, les infections périnatales, le sédentarisme et la qualité de l’alimentation, sont également répertoriés et peuvent influer sur les modes de manifestations de cette maladie. Cette maladie rare touche environ 50 personnes par 100 000 habitants dans les pays industrialisés (http://www.passeportsante.net/fr/Maux/Problemes/Fiche.aspx?doc=maladie_crohn_pm) et peut survenir chez les personnes âgées de 10 à 30 ans. Les lésions causées par cette maladie se manifestent d’abord au niveau des parois et des cellules du tube digestif, par des épaississements des tissus, des fissures et des plaies, qui provoquent des inflammations. La zone sensible est surtout celle qui se situe entre l’intestin grêle et le côlon, mais peut s’étendre de la bouche à l’anus. Cela peut s’accompagner d’une obstruction du tube digestif, d’ulcères, de plaies autour de l’anus, d’hémorragies , de ballonnements, de crampes abdominales, de constipations, de diarrhées chroniques et de vomissements de matières fécales. Une perforation de l’intestin et un cancer du côlon peuvent survenir en cas de non-hospitalisation.

L’évolution de la maladie s’effectue par poussées, saccadée par des périodes de rémission allant jusqu’à deux mois. L’infection provoque une dénutrition, une fatigue générale, un retard de croissance, une anémie, une grossesse difficile voire un avortement spontané chez les femmes. Des fièvres de 38°C à 40°C accompagnent les récidives. D’autres problèmes de santé, comme des arthralgies , des affections cutanées , des inflammations oculaires, des ulcères buccaux, des calculs biliaires ou rénaux sont également constatés dans la plupart des cas.

Actuellement, l’absence de traitements contre la maladie de Crohn est compensée par des médicaments qui visent à maîtriser l’évolution des inflammations, à soulager les douleurs, la diarrhée et les autres symptômes. Des anti-inflammatoires, comme les aminosalicylates et les corticostéroïdes oraux, les immunomodulateurs, comme le 6-mercaptopurine, la méthotrexate et l’azathioprine, ainsi que les analgésiques, comme l’acétaminophène, permettent de réduire les inflammations et les douleurs. Des antibiotiques sont utilisés pour traiter les abcès et les plaies anales, tandis que des antidiarrhéiques, des antispasmodiques ou des laxatifs corrigent les troubles de transit intestinal. La dénutrition des sujets doit également être corrigée, notamment par des suppléments de fer en cas d’anémie.