Ne pas confondre cystite interstitielle et maladie de Lyme

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Le terme cystite regroupe toutes les affections, idiopathiques ou non, de la vessie. On distingue deux formes principales, dont la cystite « classique » qui comme la borréliose de Lyme est due à une infection bactérienne, et la cystite interstitielle encore appelée « syndrome de la vessie douloureuse » d’origine inconnue. 

À l’instar de la maladie de Lyme, la cystite interstitielle reste une pathologie marginalisée et sous-diagnostiquée parce qu’elle reste très mal connue ou difficile à cerner que ce soit par le patient ou le personnel soignant.

La cystite et la maladie de Lyme, des symptômes similaires

Même si ces deux maladies sont clairement distinctes et distinguables, la particularité la plus remarquable qui lie la maladie de Lyme et la cystite interstitielle réside dans la méconnaissance totale ou partielle de certains de leurs aspects pathologiques. Ainsi, dans le cas de la cystite interstitielle, le patient est confronté à une affection hautement invalidante, autant sur le plan physique que social, sans que les médecins puissent réellement lui expliquer pourquoi il souffre. 

Dans un autre contexte, s’agissant de la borréliose, les spécialistes font faces à une maladie dont l’origine (bactérie Borrélia Burgdoferi) et les mécanismes d’infections (tiques dures Ixodes ricinus) peuvent laissent totalement perplexes. En effet, la Borrélia peut se manifester par le syndrome de la vessie irritable ou cystite interstitielle, en dehors de ses autres nombreux symptômes. Les sujets atteints par ces maladies présentent des douleurs sus-pelviennes aigues, ainsi que des urines accompagnées de sang.

La cystite interstitielle est une maladie idiopathique de la vessie qui se caractérise par des douleurs pelviennes ou abdominales sous forme de brûlure ou de spasmes. L’urgenturie douloureuse est l’une de ses composantes et est due à de petites plaies ou ulcérations qui tapissent la muqueuse de la vessie. Celle-ci se traduit par des besoins fréquents d’uriner ou pollakiurie, indifféremment du moment de la journée, mais plus fréquents la nuit. Se traduisant par une nycturie, la quantité d’urine du malade augmente également de l’ordre de 2 à 4 fois plus durant la nuit (http://www.vulgaris-medical.com/encyclopedie-medicale/cystite-interstitielle). Les douleurs surviennent par crises d’intensité variable, souvent très intenses, parfois insupportables, entrecoupées de périodes d’accalmie. Elles peuvent également toucher l’urètre (conduit urinaire terminal), le rectum, le scrotum, le pénis et le vagin, et sont relativement soulagées par la miction. La cystite interstitielle se manifeste aussi par une hématurie qui se caractérise par la présence de sang dans les excrétions urinaires.

Cette maladie affecte 5 à 10 fois plus les femmes que les hommes (http://www.passeportsante.net/fr/Maux/Problemes/Fiche.aspx?doc=cystite_interstitielle_pm). Elle peut se déclarer à tout âge dès 18 ans et affecte les relations sexuelles. La cystite interstitielle est fort probablement une maladie multifactorielle, qui fait intervenir de nombreuses causes : réaction allergique, réaction auto-immune, problème neurologique dans les muscles de la paroi vésicale, facteurs héréditaires. Entre autres, la dégradation de la couche de protéine qui tapisse la paroi vésicale est l’une des causes probables de cette pathologie et est constatée dans 70% des cas (https://www.orpha.net/data/patho/Pub/fr/CystiteInterstitielle-FRfrPub10441.pdf).

A noter que ses causes ne sont pas encore établies à ce jour, le diagnostic de la cystite interstitielle est difficile à établir, car elle se confond facilement avec d’autres problèmes de santé : infection urinaire, endométriose, infection à chlamydia, maladie rénale, vessie hyperactive, etc. De plus, cette affection reste encore très mal connue du personnel soignant qui la qualifient parfois de « problème psychologique » avant qu’un diagnostic réel et tardif ne soit posé. Les tests couramment réalisés pour mettre en évidence la cystite interstitielle sont : le test de sensibilité au potassium, la cystoscopie et les analyses urinaires.

Il n’existe pas de traitement curatif de la cystite interstitielle. Le traitement est uniquement symptomatique et vise à soulager les patients de la douleur. Il fait appel à l’administration de médicaments tels que le pentosan sodique, les AINS ou d’autres analgésiques classiques, la cyclosporine A, certains antihistaminiques, les antidépresseurs, les anticholinergiques et la GABApentine. L’héparine peut aussi être utilisée seule. L’hydrodistension qui consiste à introduire du liquide dans la vessie (instillation) semble aussi être une voie d’apaisement efficace, de même que la neurostimulation électrique transcutanée (TENS). Le traitement chirurgical n’est nécessaire que dans moins de 5% des cas et consiste à la réfection de la vessie en y greffant des tissus intestinaux par entérocystoplastie.

Les efforts physiques, le port de vêtements serrés, la consommation de certains aliments et les émotions intenses pouvant accentuer les douleurs. Il est donc recommandé aux malades d’adopter des comportements préventifs visant à éviter ces situations.